La question de l’éducation en Afrique s’est imposée comme le levier de transformation numéro un du continent lors du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï.
Ce sommet a été le théâtre d’échanges cruciaux sur l’avenir de l’éducation en Afrique, un sujet d’autant plus urgent qu’une part considérable de la population, d’ici à 2050, sera âgée de moins de 25 ans. Cette jeunesse dynamique représente un potentiel immense, mais également un défi de taille en termes d’éducation. Les besoins éducatifs sont donc massifs et nécessitent des réponses immédiates et structurées.
“L’éducation est un secteur très coûteux et dont les bénéfices se manifestent sur le long terme. On ne voit pas les résultats dans l’année qui suit l’investissement. C’est pourquoi de nombreux gouvernements ont tendance à ne pas la prioriser. Mais aujourd’hui, on observe une prise de conscience croissante, notamment en Afrique, où les pays comprennent que la croissance passe par l’éducation. Le fait que l’Union africaine ait fait de 2024 l’Année de l’éducation a renforcé cette prise de conscience et mis l’accent sur la nécessité de préparer la prochaine génération à participer au développement du continent”, a confié Laura Frigenti, directrice générale du Global Partnership for Education, au micro d’Africanews. Ces mots révèlent l’évolution des mentalités face à une question qui ne peut plus être reléguée au second plan.
Pour faire face à ces défis éducatifs, les perspectives de financement évoluent. Au lieu de s’appuyer sur des financements classiques, les discussions lors du sommet ont mis en lumière la nécessité d’adopter des mécanismes financiers innovants et d’encourager la souveraineté fiscale des États africains. Cela signifie que les pays doivent développer des systèmes adaptés pour financer leur éducation sans dépendre uniquement de l’aide internationale, ce qui peut souvent être instable.
Un acteur majeur dans cette dynamique est le Nigeria, qui abrite la plus grande population d’Afrique. La ministre nigériane des Arts, de la Culture, du Tourisme et de l’Économie créative, Hannatu Musa Musawa, a souligné : “Nous n’attendons pas que tous les défis disparaissent. Le Nigeria est un leader, un leader mondial. C’est ainsi que nous nous rendons compte. Notre président est très engagé et, au niveau du gouvernement fédéral, nous travaillons activement pour tenir nos promesses envers les Nigérians. Car si le Nigeria fonctionne, l’Afrique fonctionnera”. Cette affirmation témoigne d’un engagement fort et d’une volonté de transformer l’éducation en un véritable moteur de développement.
Le Sommet mondial des gouvernements (World Governments Summit – WGS) s’est tenu cette année du 3 au 5 février 2026, rassemblant 35 chefs d’État et plus de 150 délégations. Le thème central de cette édition, “Façonner les gouvernements de demain”, a permis de débattre des meilleures pratiques et des stratégies à adopter pour une éducation qui réponde aux besoins actuels et futurs des populations africaines. Avec environ 6 000 participants, ce sommet témoigne d’un intérêt croissant pour des solutions concrètes face aux enjeux éducatifs du continent.



