Le poids de la diaspora dans le développement local en Afrique
La diaspora africaine joue un rôle évocateur dans le paysage économique et social des pays du continent. Un Livre blanc de la diaspora, récemment publié, met en lumière les perspectives liées à la mobilisation des diasporas pour renforcer le développement local. En effet, au-delà des simples transferts d’argent, ces communautés représentent un potentiel économique considérable, mais de nombreux défis subsistent.
Une force économique majeure
Les envois de fonds des diasporas africaines sont souvent qualifiés de “pétrole des pays qui n’ont pas de pétrole”. Selon Samir Bouzidi, directeur général de Diaspora Impact, ces transferts peuvent représenter entre 2 et 50 % du PIB de certains pays africains. Environ 80 à 90 % de ces fonds bénéficient directement aux familles, mais ils alimentent également des commerces indépendants, favorisant ainsi le tissu économique local. Toutefois, le défi majeur reste la transformation de ces transferts en investissements productifs, capables de générer des emplois stables et durables.
Le rôle des villes dans la structuration des investissements
Le Livre blanc souligne que les villes africaines ont un rôle clé dans la mobilisation et l’orientation de l’engagement des diasporas. En étant souvent profondément ancrées dans leurs territoires d’origine, les diasporas peuvent contribuer au développement local, mais cela nécessite une approche structurée. Samir Bouzidi évoque des exemples comme le Maroc où un touriste sur trois est issu de la diaspora, ce qui souligne l’importance de leur implication dans le secteur touristique et au-delà.
Investissements productifs : un chemin semé d’embûches
Malgré l’importance des transferts, seulement 3 à 10 % de ces fonds sont actuellement consacrés à des investissements productifs. La diaspora se heurte à un manque de structure et d’accompagnement, ce qui limite leur capacité à contribuer efficacement au développement de leurs pays d’origine. Selon Serge Eric Menye, essayiste et auteur, il serait illusoire de compter uniquement sur ces Africains de l’étranger pour la construction de leurs pays, soulignant le faible engagement de certaines diasporas envers les projets de développement en Afrique.
Des investissements individuels aux collectifs
Au Kenya, par exemple, il est noté qu’une start-up sur deux reçoit des financements de membres de la diaspora. Cela montre que, malgré les limites, des initiatives individuelles peuvent avoir un impact significatif. Les diasporas, lorsqu’elles sont bien encouragées et accompagnées, peuvent jouer un rôle de moteur dans l’économie locale, transformant des transferts d’argent en projets générateurs de croissance.
Conclusion intermédiaire
Il est clair que le potentiel de la diaspora pour le développement local en Afrique est immense, mais sa concrétisation nécessite des efforts concertés et des conditions propices. Les villes africaines, en se structurant et en suivant les recommandations du Livre blanc de la diaspora, pourraient devenir des catalyseurs pour un engagement plus fort des diasporas, transformant ainsi les défis en opportunités.



