Sékouba Konaté : « Le Général Doumbouya a réussi sur tous les points »

L’ancien président de la transition soutient une candidature du chef de l’État en 2025 et rejette les accusations du 28 septembre 2009

CONAKRY – Après plusieurs années de silence, le Général Sékouba Konaté, ancien président de la transition guinéenne en 2010, est sorti de sa réserve. Dans un entretien exclusif accordé à VoxAfrica, il a livré un message fort sur la situation politique actuelle, saluant le bilan du Général Mamadi Doumbouya et ouvrant la porte à une candidature présidentielle en 2025. Il en a également profité pour répondre aux accusations le liant au massacre du 28 septembre 2009.


🔹 Un soutien appuyé à Mamadi Doumbouya

Interrogé sur la gestion de la transition, l’ancien homme fort du CNDD a tenu des propos élogieux envers le chef de l’État.

« Le Général Mamadi Doumbouya a réussi sur tous les points. Même après trois ans et demi de pouvoir, la Guinée est en chantier total. Les conditions de vie des Guinéens se sont améliorées. Il y a eu beaucoup de recrutements dans la fonction publique », a-t-il déclaré.

Konaté a salué les transformations visibles dans la capitale, allant jusqu’à comparer Conakry à une métropole européenne :

« Quand vous partez à Conakry, à l’heure-là, c’est comme petit Paris. »

Pour lui, les réalisations du chef de la transition justifient une continuité du leadership : « Il doit se présenter parce que tout le monde a vu ce qu’il a pu faire. »


🔹 « Si le peuple le demande, il doit se présenter »

Abordant la question sensible d’une candidature de Mamadi Doumbouya à la présidentielle prévue le 28 décembre 2025, le général Konaté a invoqué un principe démocratique fondamental : la souveraineté populaire.

« La démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Donc, tout revient au peuple de décider », a-t-il rappelé, estimant que le serment de non-candidature prononcé en 2021 ne saurait être un obstacle.

Selon lui, la nouvelle Constitution permet à tout citoyen guinéen de briguer la magistrature suprême, sans exclusion.

« Si le peuple dit “présente-toi”, il doit se présenter. Il ne doit pas regarder de gauche à droite. Ce qui compte, ce sont les urnes. »

Cette position, à la fois politique et symbolique, donne un feu vert moral à une éventuelle entrée en lice du chef de l’État, tout en préparant l’opinion publique à cette éventualité.


🔹 Le dossier du 28 septembre 2009 : « Des conneries »

L’ancien président de la transition a aussi réagi avec virulence aux accusations portées contre lui par Moussa Dadis Camara dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009, toujours en cours à Conakry.

« Ce sont des conneries qu’il a racontées. Tout le monde sait que je n’ai jamais voulu le pouvoir. Il y avait un deal entre lui et moi que j’ai respecté », a-t-il déclaré fermement.

Sékouba Konaté affirme n’avoir eu aucune implication directe ou indirecte dans les événements tragiques survenus au stade :

« Le 28 septembre, je n’étais pas à Conakry. J’étais à plus de 1000 km de la capitale, à Guéckédou, Macenta et N’Zérékoré. »

Cette mise au point vise à blanchir son image et à se distancier des crimes reprochés à l’ancien régime militaire.


🔹 Une prise de parole à forte portée politique

Cette sortie médiatique n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où la Guinée entre dans une phase décisive de transition, à moins de quinze mois des élections générales.

Le général Konaté, souvent perçu comme un homme de consensus, cherche manifestement à réaffirmer son influence sur la scène politique, tout en soutenant le camp au pouvoir. Son message véhicule une double intention :

  1. Légitimer les acquis de la transition, en les présentant comme un socle pour l’avenir.

  2. Préparer psychologiquement l’opinion à la candidature du Général Doumbouya, perçue comme une “volonté du peuple”.


🔹 Un climat politique en recomposition

À l’approche de 2025, le débat sur la durée et la finalité de la transition se ravive. Les déclarations de Konaté ravivent aussi les interrogations sur :

  • La crédibilité du processus électoral à venir ;

  • Le rôle de l’armée dans la gouvernance civile ;

  • Et la nécessité d’une réconciliation nationale durable, notamment autour du dossier du 28 septembre.

Si le ton de Sékouba Konaté se veut rassembleur, son message apparaît aussi comme un soutien stratégique à un éventuel maintien du pouvoir militaire par les urnes.


✍️ Rédaction : 224AfricaMedia

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