La Commission économique pour l’Afrique (CEA) appelle à une transformation du modèle économique du continent africain.

Redisons l’Économie en Afrique : Les Appels à l’Action de la CEA

Contexte Actuel

Le 11 février 2026, à Addis-Abeba, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a déclaré qu’il était primordial pour les dirigeants africains d’engager une transformation économique radicale. Dans un monde en constante évolution, la forte dépendance aux exportations de matières premières ne permet plus de répondre efficacement aux ambitions de développement durable à long terme.

Accélérer l’Industrialisation

Lors de la 48e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, Claver Gatete, a mis en avant l’urgence d’accélérer l’industrialisation du continent. Selon lui, développer la transformation locale et diversifier les économies sont des étapes cruciales pour mieux résister aux chocs extérieurs et à l’instabilité des marchés internationaux.

Évolution des Paradigmes de Développement

Gatete a souligné que les paradigmes du développement évoluent, citant la faiblesse persistante de la croissance mondiale et la montée des tensions commerciales. Ces éléments redéfinissent l’environnement économique et imposent aux pays africains de renforcer leurs capacités productives et d’améliorer l’intégration régionale pour diminuer leur dépendance extérieure.

Financements et Obstacles Structurels

Un des obstacles majeurs mentionnés par Gatete concerne le financement. Actuellement, seules trois nations africaines bénéficient d’une notation de crédit de qualité investissement, ce qui entraîne un coût d’emprunt élevé. Cette situation limite l’accès à des financements à long terme, ce qui représente un frein significatif à l’essor industriel du continent.

L’Importance des Infrastructures

Gatete a également mis en évidence que la transformation économique ne doit pas se limiter uniquement aux réformes financières et commerciales. L’importance des infrastructures d’eau et d’assainissement doit être reconnue comme un pilier économique. Plus de 300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable, et ces déficits perturbent l’activité industrielle et affaiblissent la compétitivité économique du continent.

Sécurité Hydrique et Performance Économique

La sécurité hydrique a un impact direct sur la performance industrielle. Selon Gatete, une économie ne peut être compétitive si les intrants de production sont incertains. Ainsi, le lien entre la sécurité de l’approvisionnement en eau et le développement industriel est fondamental.

Priorités pour une Mutation Structurelle

Pour amorcer cette transformation, Gatete a proposé plusieurs priorités. Cela inclut une intensification de la mobilisation des ressources intérieures, une planification intégrée des infrastructures, et l’investissement à la fois dans les infrastructures publiques numériques et l’intelligence artificielle. Ces actions sont destinées à structurer des chaînes de valeur régionales solides.

Recettes Nationales et Capacité Fiscale

Il a par ailleurs rappelé que le ratio impôts/PIB en Afrique est d’environ 16 %, comparé à près de 34 % en Europe. Cela soulève des questions sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale pour augmenter les marges budgétaires des États africains et financer leurs priorités de développement.

Approche Coordonnée en Développement

Gatete a plaidé pour une approche coordonnée dans le développement des infrastructures. En intégrant la planification des réseaux d’eau avec d’autres infrastructures essentielles, il est possible de maximiser les retombées économiques et de dépasser les limitations imposées par des investissements fragmentés.

La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine

La mise en œuvre intégrale de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est considérée comme un levier essentiel pour développer des chaînes de valeur régionales. Grâce à cet accord, les pays africains ont l’opportunité de transformer localement leurs ressources pour passer d’exportations brutes à faible valeur ajoutée vers des produits manufacturés compétitifs.

L’Impact des Technologies Numériques

Gatete a également souligné le rôle crucial des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle. Ces technologies peuvent optimiser les services publics tout en soutenant l’innovation industrielle, ce qui pourrait renforcer la compétitivité des États africains.

Perspectives d’Avenir

Malgré les nombreux défis, Gatete reste optimiste quant à l’avenir du continent. Le potentiel en matière d’énergies renouvelables et la vitalité d’une population jeune constituent des atouts considérables pour une croissance durable. En alignant les politiques de financement, d’infrastructure et d’industrialisation, l’Afrique pourrait transformer sa position dans l’économie mondiale.

Engagement de la CEA

La CEA s’engage à accompagner cette transformation intégrée. Les ressources naturelles et humaines de l’Afrique doivent se traduire en bénéfices tangibles et inclusifs pour l’ensemble de ses populations, ce qui démontre l’importance des efforts conjoints et coordonnés.

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