Lors du Congrès de l’AIPS – Afrique, qui s’est tenu à Banjul, le thème central de discussion portait sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde de la presse sportive. Dans ce contexte, le ministre gambien des Sports, Bakary Y. Badjie, a accordé une interview privilégiée à Botola et BotolaTV, partageant son point de vue sur la situation actuelle du football africain et les décisions récentes prises par la Confédération africaine de football (CAF).
Les décisions de la FIFA et de la CAF à Rabat
Lorsqu’on lui a demandé son avis sur les récentes décisions de la FIFA et de la CAF, notamment concernant l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) tous les quatre ans, le ministre Badjie a exprimé des réserves. Il a souligné que la prise de telles décisions aurait dû inclure une consultation plus large, impliquant non seulement les fédérations, mais également les gouvernements et les ministères des Sports des pays concernés. Pour lui, la prise de décisions sans une telle concertation sous-estime l’importance des gouvernements dans le sport.
Les implications pour le football africain
Sur la question des répercussions potentielles de cette nouvelle organisation, le ministre a expliqué qu’il était essentiel de s’interroger sur les implications du nouvel agenda. Avec l’idée d’une ligue qui pourrait coexister avec la CAN, il s’interroge sur l’impact que cela pourrait avoir sur les championnats nationaux et sur le développement des joueurs. « Si un joueur a la possibilité de ne disputer qu’une seule CAN au cours de sa carrière, cela pose de sérieux défis », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une réflexion approfondie sur ces questions.
Rentabilité financière et carrière des athlètes
Badjie a mis en lumière l’importance non seulement des considérations financières, mais aussi des carrières des athlètes. Selon lui, même si les nouvelles décisions peuvent sembler bénéfiques sur le plan financier, il est impératif de prendre en compte la courte durée de vie d’une carrière sportive. « Nous risquons de voir des joueurs ne participer qu’une fois à la CAN, ce qui est préoccupant pour le développement du football africain », a-t-il noté.
Consultation des ministres africains des Sports
Concernant la possibilité d’organiser une large consultation des ministres africains sur ce sujet délicat, le ministre a déclaré qu’une telle initiative aurait dû avoir lieu. « L’Union africaine dispose d’un Conseil africain du Sport où les ministres se réunissent tous les deux ans. C’était là une occasion propice pour discuter de ces décisions », a-t-il rappelé. Sa frustration est palpable, puisqu’il considère que les décisions prises par la CAF et les fédérations doivent impliquer une communication adéquate avec les gouvernements.
Le point de vue des supporters africains
Badjie insiste également sur le rôle des gouvernements en tant que représentants des supporters. « Si les fédérations acceptent ces décisions, cela soulève des questions sur la consultation qui a eu lieu avec les gouvernements. Les décisions doivent être prises de manière éclairée et réfléchie », a-t-il affirmé. Selon lui, une meilleure compréhension de ces nouvelles structures est cruciale pour prendre des décisions bénéfiques pour tous les acteurs impliqués dans le football africain.
– INTERVIEW RÉALISÉE PAR NAZIM BESSOL, À BANJUL



