Le dirigeant de la ZLECAf exhorte l’Afrique à renforcer son marché intérieur pour faire face aux défis du commerce mondial.

Renforcer l’Intégration Économique en Afrique : Les Défis et les Solutions

Une Nécessité Urgente

Dans un contexte de fragmentation du commerce international et de désorganisation des chaînes d’approvisionnement, l’intégration économique en Afrique devient une exigence incontournable. Selon Wamkele Mene, directeur général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), il est crucial de construire un marché continental solide. Cette déclaration, faite lors d’un petit-déjeuner des Amis de la ZLECAf en marge du Forum économique mondial, met en lumière l’urgence de renforcer la coopération économique sur le continent.

Les Freins à L’Intégration

La fragmentation des marchés africains, héritée d’une histoire complexe, a eu un impact significatif sur le potentiel économique du continent. Malgré sa vaste population de 1,4 milliard d’habitants et ses ressources abondantes, l’Afrique ne participe qu’à hauteur de 3 % au commerce mondial. Les 42 monnaies différentes utilisées dans les échanges interafricains et le faible niveau d’industrialisation illustrent bien ce tableau.

Les Défis Infrastructuraux

La Banque africaine de développement (BAD) souligne que les besoins annuels en financement des infrastructures atteignent environ 150 milliards de dollars. Les coûts élevés liés au transport, à la logistique, et au financement du commerce constituent d’autres entraves importantes qui freinent l’intégration. Ces défis sont d’autant plus préoccupants dans un cadre où les flux de personnes à travers les frontières restent limités, même au sein de blocs régionaux comme la CEDEAO ou la Communauté d’Afrique de l’Est.

La Volonté Politique : La ZLECAf en Action

Face à ces défis, les dirigeants africains ont ratifié la ZLECAf, une preuve tangible de leur volonté d’éradiquer les barrières au commerce et à l’investissement intra-africain. Cependant, malgré cette ambition, les investissements intra-africains ne représentent actuellement que 4 % du PIB du continent. Mene a dévoilé que les négociations mandatées par les chefs d’État sont désormais complètes, ouvrant ainsi la voie à une phase de mise en œuvre centrée sur la réduction des coûts d’infrastructure, de logistique et de financement.

Une Conjoncture Mondiale Défavorables

Mene évoque une “offensive sans précédent” contre le système commercial multilatéral, marquée par la contraction des marchés et les ruptures des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte mondial incertain, l’Afrique doit absolument bâtir son propre marché intérieur, comprenant que le processus d’intégration pourrait prendre une décennie ou plus. Dans ce cadre temporel, la jeunesse et la croissance de la population active sur le continent représenteront des leviers essentiels pour créer des emplois et favoriser l’inclusion économique.

Les Flux de Capitaux et les Infrastructures

Bien que la ZLECAf facilite le commerce des biens et des services, elle ne réglemente pas directement les mouvements de capitaux. Des réglementations nationales rigoureuses ainsi que des contrôles des changes freinent encore les investissements transfrontaliers. Mene prône un dialogue renforcé avec les banques centrales afin d’aligner les réglementations financières sur les ambitions commerciales des pays africains.

Il souligne également l’importance des 800 milliards de dollars de capitaux domestiques peu liquides, détenus par des institutions africaines comme les fonds de pension. La diminution de l’aide publique devrait encourager une coopération plus étroite entre les gouvernements et le secteur privé pour mobiliser ces ressources.

Sur le Plan des Minéraux Critiques

Concernant les minéraux critiques, bien que l’Union africaine ait développé une stratégie continentale, son application reste limitée. Les États africains continuent de négocier individuellement leurs accords, rendant difficile une approche concertée. Mene appelle à des stratégies d’investissement différenciées en fonction de la diversité des ressources minières africaines, et insiste sur la nécessité d’adopter des principes communs lors des négociations avec des partenaires extérieurs.

Une Position Fragile à l’International

Enfin, Mene exprime ses inquiétudes au sujet de l’approche fragmentée de l’Afrique dans les négociations commerciales internationales. Contrairement à l’Union européenne, l’Union africaine ne dispose pas des prérogatives juridiques nécessaires pour négocier des accords commerciaux en tant qu’entité unifiée. Il cite les négociations bilatérales entre certains pays africains et les États-Unis comme un handicap, affaiblissant ainsi la position collective du continent.

En soulignant que “cela ne sert pas les intérêts de l’Afrique”, il rappelle l’importance d’une négociation collective, même si, actuellement, l’autorité légale requise n’est pas encore présente.


Cet article met en exergue la complexité des enjeux liés à l’intégration économique en Afrique, soulignant à la fois les défis à surmonter et les initiatives à mettre en œuvre pour créer un marché unifié et plus compétitif.

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