Addis-Abeba (© 2026 Afriquinfos) – L’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont récemment exprimé des préoccupations majeures concernant les tensions au Moyen-Orient, soulignant que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran pourrait avoir des conséquences significatives au-delà de cette région géographique, notamment pour le continent africain.
L’UA a formulé ses inquiétudes à travers un communiqué signé par son président, Mahmoud Ali Youssouf. Ce dernier a insisté sur la nécessité d’une intervention rapide pour désamorcer la crise qui prévaut au Moyen-Orient. Il a souligné que le recours à la diplomatie est la seule manière de parvenir à une paix durable, rejetant les solutions basées sur la force. En outre, Youssouf a appelé à un effort multilatéral renforcé, en soutenant la facilitateur le Sultanat d’Oman qui travaille à encourager le dialogue dans la région.
La CEDEAO, de son côté, n’a pas manqué d’alerter sur les impacts économiques et sécuritaires potentiellement graves que cette crise pourrait engendrer pour l’Afrique déjà en proie à des crises multiples. Dans un communiqué formel, l’organisation a mis en évidence les risques d’une escalade du conflit qui pourrait entraîner une hausse des prix de l’énergie, aggravant ainsi les difficultés économiques dans des pays aux économies encore fragilisées par des crises antérieures. L’inflation, les tensions géopolitiques et les répercussions de la pandémie de COVID-19 pèsent déjà lourdement sur les économies ouest-africaines.
Pour la CEDEAO, la prolongation des tensions dans le Golfe persique serait particulièrement préjudiciable pour les pays dépendants des importations de pétrole et de produits alimentaires. Ces nations, déjà vulnérables face aux fluctuations des marchés mondiaux, pourraient faire face à une flambée des prix des biens de première nécessité. Ce scénario entraîne des implications directes sur le bien-être des populations locales, mettant en péril leur sécurité alimentaire et leurs conditions de vie.
Au-delà des aspects économiques, la CEDEAO s’inquiète également des conséquences sécuritaires indirectes qui pourraient découler de l’aggravation du conflit. Une instabilité prolongée dans la région pourrait intensifier les flux migratoires, car les populations fuiraient des conditions de vie difficiles et des conflits. Les tensions au Moyen-Orient pourraient également détourner l’attention de la communauté internationale des crises déjà présentes en Afrique, telles que la République centrafricaine ou le Sahel, exacerbant ainsi la marginalisation de ces situations.
En réponse à cette conjoncture préoccupante, les deux organisations ont appelé à la retenue, au respect du droit international et à un retour au dialogue diplomatique. Selon leurs déclarations, la désescalade des tensions est essentielle pour éviter qu’un conflit régional ne se transforme en une crise à portée mondiale, dont les conséquences seraient imprévisibles et potentiellement catastrophiques.
Boniface T.



